Comment dimensionner une thermopompe centrale pour remplacer une fournaise au mazout au Québec

Lot 02 — Chauffage & Énergie

Comment dimensionner une thermopompe centrale pour remplacer une fournaise au mazout au Québec

Au Québec, une thermopompe centrale (une pompe à chaleur air air gainable, dans le vocabulaire français) se dimensionne à partir de trois chiffres : la charge de chauffage de la maison à la température de calcul, la puissance de l'appareil à 8 °C et la puis...

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Comment dimensionner une thermopompe centrale pour remplacer une fournaise au mazout au Québec

Au Québec, une thermopompe centrale (une pompe à chaleur air-air gainable, dans le vocabulaire français) se dimensionne à partir de trois chiffres : la charge de chauffage de la maison à la température de calcul, la puissance de l'appareil à -8 °C et la puissance de l'appoint électrique. Quand elle remplace une fournaise au mazout, c'est-à-dire un générateur d'air chaud au fioul, elle reprend le réseau de conduits existant. L'historique des livraisons de mazout fournit alors une première estimation de la charge.

La méthode ci-dessous suit cet ordre. Elle sert à vérifier une soumission d'installateur. Le calcul de référence reste celui de la norme CSA-F280-12, que Ressources naturelles Canada (RNCan) recommande de confier à un professionnel du chauffage.

Étape 1 : convertir l'historique de mazout en besoin de chaleur

Un propriétaire qui décide de remplacer sa fournaise par une thermopompe possède déjà une mesure de la demande réelle de sa maison : les factures de son fournisseur de mazout. Trois hivers de livraisons donnent une moyenne annuelle en litres. Cette moyenne intègre l'isolation, l'étanchéité et le nombre d'étages, trois facteurs absents de la règle des 10 BTU par pied carré proposée par certains calculateurs en ligne.

Des litres aux kilowattheures utiles

Le calculateur d'économies publié par le gouvernement du Québec pour l'ancien programme Chauffez vert retient environ 10,78 kWh par litre de mazout et un rendement de 80% pour l'appareil existant. Pour une maison chauffée par une fournaise au mazout qui brûle 2 000 litres par an, la chaleur livrée aux pièces est donc d'environ 17 245 kWh (2 000 × 10,78 × 0,80). Si le rendement réel de la vieille fournaise est inférieur, garder 80% surestime un peu la charge, ce qui reste du côté prudent.

Retirer la part de l'eau chaude

Si le même brûleur chauffe aussi l'eau domestique, une partie des litres ne sert pas au chauffage des pièces. La correction la plus simple consiste à prendre la consommation estivale, quand la fournaise ne produit que de l'eau chaude, à l'extrapoler sur douze mois et à la soustraire du total. Sans cette correction, la thermopompe sera surdimensionnée. RNCan associe ce défaut à des cycles courts, à de l'inconfort et à une usure de l'appareil.

Étape 2 : calculer la charge à la température de calcul

La chaleur annuelle divisée par les degrés-jours de chauffage du lieu donne le coefficient de déperdition de la maison, en kilowatts par degré. Les degrés-jours et les températures de calcul figurent au tableau C-2 du Code national du bâtiment, publié par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Pour Terrebonne, au nord de Montréal, le tableau indique 4 500 degrés-jours sous 18 °C et une température de calcul de janvier (2,5%) de -25 °C. Avec 17 245 kWh, le coefficient est de 17 245 / (4 500 × 24 h), soit 0,160 kW/°C. Multiplié par l'écart entre 18 °C et -25 °C (43 °C), il donne une charge de 6,9 kW, environ 23 400 BTU/h. En prenant 21 °C à l'intérieur sans compter les gains internes, la charge monte à 7,3 kW, soit 25 100 BTU/h. La plage utile se situe autour de 2 tonnes, l'unité commerciale de 24 000 BTU/h.

Ville (tableau C-2) Température de calcul, janvier 2,5% Degrés-jours sous 18 °C Charge, base 18 °C Charge, intérieur 21 °C
Laval -24 °C 4 500 6,7 kW (22 900 BTU/h) 7,2 kW (24 500 BTU/h)
Terrebonne -25 °C 4 500 6,9 kW (23 400 BTU/h) 7,3 kW (25 100 BTU/h)
Saint-Jérôme -26 °C 4 820 6,6 kW (22 400 BTU/h) 7,0 kW (23 900 BTU/h)
Sainte-Agathe-des-Monts -28 °C 5 390 6,1 kW (20 900 BTU/h) 6,5 kW (22 300 BTU/h)

Le tableau suppose la même consommation de 2 000 litres dans les quatre villes. Dans les Laurentides, à Sainte-Agathe-des-Monts, l'hiver compte 20% de degrés-jours de plus qu'à Laval. Les mêmes litres y signalent donc une enveloppe plus performante. La charge de calcul baisse malgré un froid de pointe plus marqué.

Étape 3 : choisir la thermopompe centrale d'après sa puissance à -8 °C

Une thermopompe à air perd de la puissance quand la température extérieure baisse. RNCan appelle point d'équilibre thermique la température à laquelle la puissance de l'appareil égale les pertes de la maison. Sous ce point, l'appoint fournit le complément. RNCan précise aussi que la plupart des modèles récents ont une température minimale de fonctionnement située entre -15 °C et -25 °C.

Lire la puissance au bon point

La puissance nominale affichée en tonnes correspond à la climatisation. Pour le chauffage, la fiche AHRI ou la liste ENERGY STAR climat froid donne la puissance à -8 °C (17 °F). Dans l'exemple de Terrebonne, la maison perd environ 4,2 kW à -8 °C, soit 14 200 BTU/h. Un appareil qui fournit davantage à cette température couvre seul la charge jusqu'à -8 °C, et l'appoint ne s'ajoute qu'en dessous de son point d'équilibre.

Ce que la subvention LogisVert calcule

Le programme LogisVert d'Hydro-Québec calcule sa subvention sur cette puissance à -8 °C : 50 $ par 1 000 BTU/h pour une thermopompe certifiée ENERGY STAR, 120 $ par 1 000 BTU/h pour un modèle de type climat froid. Une thermopompe centrale climat froid qui fournirait 22 000 BTU/h à -8 °C donnerait droit à 2 640 $ canadiens. L'appareil extérieur doit être neuf, avoir une puissance nominale en climatisation d'au moins 12 000 BTU/h et avoir été acheté au Québec. L'installateur doit détenir les licences de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) exigées, soit la sous-catégorie 15.1, 15.7 ou 15.8 avec la 15.9 ou la 15.10, et être membre de la corporation de son secteur. La demande se dépose dans les neuf mois suivant l'installation.

Étape 4 : dimensionner l'appoint électrique

Le Règlement sur les appareils de chauffage au mazout interdit de remplacer un appareil au mazout par un appareil à combustible fossile dans les bâtiments existants de 600 m² et moins, de trois étages ou moins. L'appoint d'une conversion est donc électrique. Il prend en général la forme d'éléments chauffants logés dans le caisson de ventilation, ce que l'on appelle au Québec une fournaise électrique. La thermopompe peut s'arrêter avant -25 °C : les éléments doivent alors couvrir seuls toute la charge de calcul. Dans l'exemple, 7,3 kW conduisent au palier immédiatement supérieur, par exemple un appareil de 10 kW.

RNCan recommande de régler l'appoint électrique 2 °C à 3 °C sous la consigne de la thermopompe, afin que les éléments ne s'enclenchent qu'au besoin.

Étape 5 : vérifier les conduits, l'entrée électrique et le retrait du mazout

Une thermopompe centrale fonctionne avec un débit d'air plus élevé qu'une fournaise, note RNCan. Des conduits trop petits causent du bruit et augmentent la consommation du ventilateur. Une soumission complète inclut un relevé des sections de conduits et des grilles de retour. Côté électricité, RNCan indique qu'une thermopompe à air n'exige généralement pas d'augmenter l'entrée électrique. La fournaise électrique ajoute toutefois une charge importante, qu'un maître électricien titulaire de la sous-catégorie RBQ 16 doit vérifier sur le panneau.

Le démantèlement de la fournaise et le retrait du réservoir doivent être déclarés au gouvernement du Québec par le professionnel qui exécute les travaux, par exemple un membre de la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec (CMMTQ). L'aide Chauffez vert, qui finançait ces conversions, a pris fin le 31 mars 2026. Pour la thermopompe, il reste la subvention LogisVert.

Rentabilité : un ordre de grandeur en dollars canadiens

Au tarif D d'Hydro-Québec en vigueur depuis le 1er avril 2026, la première tranche d'énergie (40 kWh par jour) est facturée 7,065 ¢/kWh et le reste 11,142 ¢/kWh. Les 17 245 kWh de l'exemple, fournis par résistance électrique seule et facturés au prix de la deuxième tranche, représenteraient environ 1 920 $ par an. Ce montant est un plafond : Hydro-Québec annonce jusqu'à 40% d'économie sur les coûts de chauffage en hiver avec une thermopompe, ce qui ramènerait la facture de l'exemple vers 1 150 $.

La comparaison avec le mazout part des factures du propriétaire : les litres de l'an dernier multipliés par le prix payé. Le calendrier des travaux est un autre facteur. Un appareil au mazout de plus de 20 ans ne peut plus être réparé, sauf exceptions, et les réparations majeures de la chambre de combustion ou de l'échangeur de chaleur sont interdites quel que soit l'âge de l'appareil. Une conversion planifiée avant la panne laisse le temps de faire le calcul de charge et de comparer plusieurs soumissions sur la même base de BTU/h.

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